Un service communication veut commander des porte-clés et des stylos marqués pour une journée portes ouvertes. Le budget existe, la dépense est modeste, et pourtant la commande bloque. Personne ne sait si l’achat relève d’un bon de commande ou d’un marché, ni qui doit signer.
La réponse tient dans le décret n° 2-22-431, qui fixe les procédures de passation des marchés publics au Maroc. Le bon de commande y apparaît comme une dérogation encadrée, avec un plafond annuel, une liste de prestations éligibles et des obligations de publicité.
Comprendre ce mécanisme évite deux erreurs symétriques. Fractionner une commande pour rester sous le plafond, ce qui est irrégulier. Lancer une procédure lourde pour un achat que le bon de commande couvrait, ce qui coûte du temps à tout le monde.
Le bon de commande d’un marché public marocain est plafonné à 500 000 dirhams TTC par année budgétaire, par nature de prestation et par ordonnateur, en application du décret n° 2-22-431. Ce plafond a remplacé celui de 200 000 dirhams à l’entrée en vigueur du décret, le 1er septembre 2023.
Bon de commande marché public, ce que le seuil autorise
Le bon de commande permet à une administration d’acheter sans passer par un appel d’offres complet. La procédure reste formalisée, mais elle s’appuie sur un devis et sur un bon signé plutôt que sur un dossier de soumission.
Trois voies coexistent selon le montant. Le tableau les résume, avec les points que vérifie un fournisseur avant de répondre.
| Point | Bon de commande | Appel d’offres ouvert simplifié | Appel d’offres ouvert |
|---|---|---|---|
| Plafond | 500 000 DH TTC par an, par nature de prestation et par ordonnateur | Jusqu’à 1 000 000 DH HT de montant estimé | Pas de plafond de procédure |
| Prestations | Limitées à la liste de l’annexe n° 4 | Travaux, fournitures, services | Travaux, fournitures, services |
| Publicité | Avis d’achat sur le portail, au moins 48 heures avant | Selon les règles de l’appel d’offres | Portail et deux journaux, au moins 21 jours |
| Pièce attendue du candidat | Devis signé | Dossier administratif et offre financière | Dossier administratif, technique, financier |
| Critère de choix | Offre la moins-disante | Offre la plus proche du prix de référence | Offre la plus proche du prix de référence |
| Décision | Maître d’ouvrage ou personne habilitée | Commission d’appel d’offres | Commission d’appel d’offres |
Deux sources publiques décrivent ces règles de la même façon, le site Aljady dans sa fiche sur le seuil des bons de commande et la plateforme BidTender dans son guide du bon de commande. Les deux s’appuient sur le décret n° 2-22-431, dont l’article 91 fixe le régime du bon de commande.
Un plafond qui se lit par année, par nature et par ordonnateur
Le plafond de 500 000 dirhams TTC n’est pas un plafond par commande. Il s’apprécie sur une année budgétaire, pour une nature de prestation donnée, et pour chaque ordonnateur ou sous-ordonnateur. Trois paramètres, donc, et non un seul.
Cette lecture a une conséquence immédiate. Une administration peut dépasser 500 000 dirhams de bons de commande dans l’année si les prestations relèvent de natures différentes. Elle ne peut pas contourner le plafond en découpant une même prestation en plusieurs commandes.
Le fractionnement est la faute classique. Un service qui émet plusieurs bons pour du textile marqué, du mobilier et de la signalétique traités comme une seule opération s’expose à une requalification. La nature de prestation se définit par l’objet réel de l’achat, pas par la ligne budgétaire utilisée.
Pour les départements chargés de la défense nationale ou de la sécurité publique, la limite s’apprécie également par personne habilitée désignée par arrêté du chef du gouvernement. Le mécanisme reste le même, l’unité de compte change.
Ce que le bon de commande impose en traçabilité
L’article 91 du décret demande que le bon de commande précise les spécifications et la consistance des prestations, ainsi que, le cas échéant, le délai d’exécution ou la date de livraison et les conditions de garantie. Cette exigence transforme le bon en document contractuel.
Un bon de commande rédigé en une ligne, sans référence produit ni description du marquage, crée un risque pour les deux parties. L’administration ne peut pas contrôler la conformité, et le fournisseur ne peut pas prouver qu’il a livré ce qui était demandé.
La traçabilité se construit donc avant la livraison, avec un dossier simple à constituer au fil de la commande. Un dossier reconstitué au moment du paiement contient toujours une pièce manquante.
- Le devis signé et daté, avec les références produit et les quantités.
- La description du marquage, technique retenue, dimensions et emplacement.
- Le bon de commande signé, portant le numéro d’engagement.
- Le bon de livraison contresigné par le service récepteur.
- La facture rappelant le numéro du bon de commande.
- Le procès-verbal de réception, signé après vérification.
Ce dossier sert au comptable assignataire avant paiement. Une facture sans référence au bon de commande, ou un bon de livraison non signé, suffit à retarder le règlement, même lorsque la prestation est conforme.

Porte Clés Plexiglas, 4 DH pièce, un format compact qui passe dans un bon de commande sans peser sur le plafond annuel.
Préparer une offre d’objets publicitaires
Un devis destiné à une administration ne se rédige pas comme une offre commerciale ordinaire. Il doit permettre à l’acheteur de vérifier la conformité sans appeler le fournisseur, et à l’ordonnateur de justifier le choix de l’offre la moins-disante.
La première exigence porte sur la description. Une référence produit, une matière, des dimensions et un poids suffisent à identifier l’objet. Une mention vague comme « stylo publicitaire » empêche toute comparaison entre deux devis.
La deuxième exigence porte sur le marquage. Le devis indique la technique retenue, la surface marquée et le nombre de couleurs. Ces éléments déterminent le prix, et leur absence rend le montant inexplicable.
La troisième exigence porte sur les mentions administratives. L’administration demande couramment l’attestation de régularité fiscale, l’attestation de la CNSS, le relevé d’identité bancaire et la patente. Un devis qui les omet oblige à un échange supplémentaire, dans un délai de publicité qui peut être très court.
La quatrième exigence porte sur les délais. La date de livraison engagée doit être tenable, car elle figure dans le bon de commande et conditionne la réception. Une promesse trop courte se transforme en retard contractuel.
Questions fréquentes
Peut-on dépasser 500 000 DH avec plusieurs bons de commande ?
Oui, à condition que les prestations soient de natures différentes ou que les commandes relèvent d’ordonnateurs distincts. Découper une même prestation pour rester sous le plafond constitue un fractionnement irrégulier, qui expose la décision à contestation.
Le bon de commande est-il obligatoirement publié ?
Le décret prévoit une publicité sur le portail officiel des marchés publics, avec un délai minimal de 48 heures avant la date limite. Ce délai court est une contrainte réelle pour un fournisseur, qui doit surveiller les avis et répondre vite.
Un objet publicitaire entre-t-il dans la liste de l’annexe n° 4 ?
La réponse dépend de la rédaction de l’annexe et de la nature exacte de la prestation. L’acheteur vérifie ce point avant de choisir la procédure. Si la prestation n’y figure pas, l’achat passe par un autre mode de passation, généralement l’appel d’offres.
Le piège du cumul annuel
Le plafond se consomme tout au long de l’année. Un service qui utilise la totalité de son enveloppe au premier semestre se retrouve sans marge pour une commande urgente en fin d’exercice, et doit alors passer par une procédure plus lourde.
La programmation des achats répond à ce problème. Regrouper les besoins de l’année en une ou deux consultations permet de négocier un meilleur prix unitaire et de garder de la marge pour l’imprévu. À l’inverse, une succession de petites commandes coûte cher en temps administratif et fragilise la position d’achat.
Le calcul du cumul doit rester lisible. Un tableau de suivi par nature de prestation, tenu à jour, évite la mauvaise surprise. Il indique le montant consommé, le montant engagé et le solde disponible, ce qui suffit à décider si une nouvelle commande passe.
Ce qui fait perdre un bon de commande
Les motifs de rejet sont rarement techniques. Un devis non signé, une attestation périmée, un délai de livraison incompatible avec la date de l’événement suffisent à écarter une offre par ailleurs compétitive.
Le prix reste le critère de choix, mais il se compare à périmètre égal. Un devis qui exclut la livraison ou le marquage n’est pas moins cher, il est incomplet. L’administration qui compare deux montants globaux sans vérifier le périmètre prend une décision difficile à justifier.
La qualité de la prestation compte ensuite, au moment de la réception. Un lot de stylos dont le marquage s’efface, ou de porte-clés dont la découpe laisse des bavures, entraîne une réserve sur le procès-verbal et bloque le paiement. Le contrôle à réception n’est pas une formalité.
Les objets destinés aux institutions se choisissent donc avec la même rigueur qu’un achat industriel. Le catalogue des cadeaux d’entreprise personnalisés se lit par référence, et les objets publicitaires pour les entreprises et les institutions s’accompagnent d’un devis détaillé, utilisable tel quel dans un dossier administratif.
Une vérification reste à faire avant l’envoi. Le devis doit porter la date, la durée de validité et les coordonnées complètes du fournisseur, faute de quoi l’acheteur ne peut pas l’annexer au dossier d’engagement. Pour préparer une réponse dans les délais d’une consultation, demandez un devis en précisant la référence du bon de commande et la date de livraison attendue.
